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A Cervioni

De fer et de feu au musée de l'ADECEC

"La stazzona" mise en fonctionnement pour les besoins d'un tournage avec FR3 Corse

 

Musée de l'ADECEC

 

A stazzona… l'émotion est omniprésente dans cette salle du musée ethnographique de l'ADECEC où est reconstituée une forge. Il s'agit de la réplique - dans ces moindres détails - de la forge utilisée par Jean-Charles Marcantoni, le plus vieux forgeron de Corse, qui à l'âge de 88 ans, exerçait toujours son métier avec amour, dans le Boziu.

A sa mort, tous les instruments qui composaient son lieu d'ouvrage, ont été cédés au musée de l'ADECEC. La mise en scène qui en a été faite est des plus sincères et l'ambiance qui s'en dégage, particulièrement prenante. Le soin du détail est là... jusqu'aux chaussures que Jean-Charles Marcantoni enfilait pour travailler, et qui sont exposées à l'entrée..

Pas étonnant dès lors, que Pierre-Jean Luccioni, journaliste à FR3 Corse, et  toujours à l'affût du cadre idéal, ait repéré l'endroit pour  les besoins d'un reportage sur les savoirs faire anciens.  Une mission qu'il mène avec persévérance en sillonnant la Corse avec l'aide  précieuse de son ami Felice Agostini.

 

Au coeur du sujet bien sûr, le métier de forgeron.

Pour en parler, et pour nourrir l'image, deux personnages qu'un demi siècle sépare, mais animés de la même passion pour ce métier, presque oublié.

Le premier, le plus petit par la taille, et le plus ancien par l'âge, c'est Felice Cristelli. Il a exercé  le métier de forgeron durant 53 ans dans son village de Petraserana. Il faisait partie des plus doués de sa génération, des plus passionnés aussi. Aujourd'hui âgé de 85 ans, il a raccroché le tablier de cuir, mais reste  animé d'un amour intact pour la profession, encore capable de battre l'enclume avec ardeur.

C'est ce que la caméra de Grégoire Bezie est venu saisir sur le vif, dans la forge du musée de Cervioni, mise en service pour l'occasion.

Aux côtés de Felice Cristelli, un jeune homme qui a choisi d'être forgeron, dans un siècle où le métier peut paraître un peu désuet. Voilà en tout cas un argument qui n'est pas apte à freiner la motivation de Jean-Dominique Susini , qui a installé sa forge à Ville di Petrabugnu.

Le documentaire présenté par Pierre-Jean Luccioni unira ces deux hommes dans la même passion de leur métier. D'hier à aujourd'hui, les mêmes gestes opérés par précision, la même concentration dans l'ouvrage. Et cette acuité à bien faire.

L'un est  témoin de la mémoire.  L'autre porteur de l'avenir de ce savoir faire, immortalisé par la caméra de France 3 Corse.

La "stazzona" de Jean-Charles Marcantoni, rendue à la vie pour l'occasion, semblait dire merci, pour ce soin du détail qui ne manquera pas d'imprégner le sujet de la véracité requise... et cette lame de poignard réalisée dans les règles de l'art, laissée au musée ethnographique de l'ADECEC en souvenir du tournage et de l'exceptionnel moment partagé.

 

Article de Jacques PAOLI (Corse-Matin, édition du 12 mai 2005)

 

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